GRAVETTIEN
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Images et rhétorique
 

           GRAVETTIEN   (PALEOLITHIQUE SUPERIEUR)  

 

Quand ?    environ -27 000  jusque vers  -19 000 avant JC 

Où ?           Europe occidentale

 

 

Je retiens :   le Gravettien voit apparaître massivement des « œuvres  d’art » véritables, et non pas simplement des objets utilitaires ; ce sont notamment des centaines de Vénus préhistoriques (statuettes anthropomorphes féminines en ronde-bosse) plus détaillées et nettement plus "signifiantes" que les précédentes.  

  

     Le nom vient du site de la Gravette, en Dordogne (sud-ouest de la France). Ce style se retrouve du nord de l’Espagne jusqu’à la Russie (où on le nomme pavlovien, du nom du site de Pavlov en Tchécoslovaquie). 

       L’art Gravettien consiste en gravures dans la roche (figurations animales), en sculptures parfois associées à la gravure, en empreintes de mains. C’est surtout l’époque de l’apparition des «Vénus Gravettiennes», de petites statuettes féminines aux caractéristiques sexuelles exagérées, la tête et les jambes étant pratiquement inexistants. Plus de cinq cents ont été retrouvées, dans toute l'Europe continentale. Cette dispersion suggère un culte commun à de nombreux groupes géographiquement pourtant très dispersés : celui d'une ou plusieurs "déesse-mères" est l'hypothèse la plus couramment avancée.


   Parallèlement à ces représentations figuratives, on trouve (notamment en Europe centrale) une forme d’art abstraite utilisant un nombre limité de signes géométriques abstraits (losanges, traits, cercles).

 

 

Musique d'accompagnement : A Storm Over Waratah (musique aborigène d'Australie mixée avec un orage)

Voir aussi : La musique préhistorique

 

 

Repères à connaître

 

Sculptures   Vénus de Laussel, Vénus de Willendorf, Dame à la capuche de Brassempouy, Vénus de Lespugue

 

 

Analyse des oeuvres-clés

 


Vénus de Laussel
54 x 36 cm

- 25 000 ans av.JC
musée d'Aquitaine, Bordeaux

   Il s'agit d'un bas-relief, trouvé en France (Périgord) sur lequel des traces d'ocre rouge sont encore visibles. Cette gravure représente une femme nue, tenant dans sa main une corne d'animal (probablement de bison) comportant 13 encoches.
Le visage, tourné vers la corne, est dissimulé par la chevelure.

On retrouve plusieurs des conventions communes aux Vénus paléolithiques : ni pieds, ni visage, et une représentation symboliquement exagérée des parties du corps liées à la féminité.



 

 

Vénus de Lespugue

vers - 25 000 av.JC
ivoire de mammouth, 15 x 6 x 4 cm
musée de l'Homme (Paris)


       Il s'agit probablement de la plus célèbre des Vénus paléolithiques ; malheureusement en partie brisée (version ci-dessus) lors de sa découverte, elle a depuis été reconstituée.
Il s'agit bien entendu d'une figure symbolique, à la limite de l'abstraction, et d'une grande élégance formelle suivant nos critères contemporains. 

Elle n'a ni visage, ni pieds. Les seins et les fesses sont plus que proéminents : ce sont probablement des symboles de fécondité, de maternité. On note des traces de vêtement.

     Parmi les nombreuses interprétations du sens et de la fonction de cette figure, on peut considérer comme plausible qu'elle ait été faite pour être fixée dans un bâton (comme un sceptre, d'où l'absence de pieds), ou encore destinée à être suspendue par un collier.

    On suppose d'ordinaire qu'il s'agit de la représentation d'une divinité féminine, associée aux concepts de fécondité, de fertilité. Il est très possible en effet que les premiers cultes de l'humanité aient été orientés vers une conception plus généreuse du rôle des femmes dans la société, par rapport aux religions de type patriarcale qui suivront.

On évoque le culte d'une grande déesse-mère qui se confondrait en partie avec une symbolisation de la Nature. Ce concept aurait perduré par la suite à travers les figures maternelles d'Isis en Egypte et de Démèter en Grèce, notamment, puis de la Vierge Marie dans le christianisme.

 

 



Vénus de Willendorf
vers - 23 000 av. JC
calcaire, 11 cm de hauteur
musée d'histoire naturelle de Vienne (Autriche)


   On retrouve dans cette statuette les mêmes caractéristiques que celles de la Vénus de Lespugue. On peut dès lors parler d'un style commun (voir d'une religion commune), avec une continuité à la fois historique (sur plusieurs millénaires) et géographique (dans toute l'Europe habitée).
Notons seulement qu'elle est nettement  plus "réaliste" que les autres, avec un effort de modelé assez rare dans ce type de représentation primitive
.

 

 

 

 

Dame à la capuche, ou Vénus Brassempouy (vue de face et de profil)
vers -25 000 av.JC
ivoire de mammouth, 3,65 cm
 Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye (France)


 

     Unique "portrait" de l'art préhistorique, cette dame à la capuche est une célébrité médiatique à l'instar de la fameuse Lucie australopithèque. Et il est vrai que c'est toujours un moment d'émotion lorsqu'on la voit pour la première fois, avec l'impression de découvrir un visage à la fois sorti du fond des âges, et en même temps étrangement familier, et empreint de douceur.

      C'est oublier cependant que nous la jugeons alors comme un portrait, ce que cette statuette n'était pas : il s'agit d'un fragment, le reste du corps ayant été perdu : à l'époque où on l'a trouvé (1881), on n'hésitait pas à prendre tout objet que l'on découvrait sur un site, en se souciant peu du contexte, et notamment des autres vestiges livrés par la couche géologique. Or, seule l'étude exhaustive de celle-ci permet d'avancer autre chose que des hypothèses (c'est ce que l'on appelle la stratigraphie).

 

Que peut-on en dire alors ?
     Le reste du corps était probablement dans l'esprit des autres Vénus plus ou moins contemporaines que nous connaissons, et typique du style Gravettien décrit plus haut.

La fissure sur la statuette est une détérioration de l'ivoire de mammouth, et non une cicatrice.
La tête a des yeux, un nez, mais pas de bouche. Les cheveux semblent torsadés, cette coiffure contribuant beaucoup a l'effet de proximité intellectuelle que peut nous inspirer cette statue.

 

 

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