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Figures de rhétorique : définitions, et quelques traductions plastiques


Copyright : Dominique Leblanc, collège Mangin, novembre 2012. Merci de n'utiliser ce document qu'avec mon autorisation.

 

 

      Les figures de rhétorique sont essentiellement des procédés littéraires et oratoires. Il est néanmoins intéressant de constater que certaines images fonctionnent en utilisant la même logique, les mêmes effets, les mêmes « trucs ».  

 

       C’est particulièrement vrai de l’image publicitaire, que sa démagogie prédispose à l’utilisation d’artifices, mais, en se donnant un peu de mal, il est possible de découvrir de savoureuses correspondances entre certaines figures de style et des œuvres d’art, contemporaines ou non.
     C’est parfois volontaire (Banksy, Miss Tic, Duchamp), parfois non.

Voici certaines des figures les plus courantes, choisies parmi celles qui peuvent avoir une application en arts plastiques (notamment dans le cadre du sujet de quatrième " je me présente...)

 

 

 

 

 

ACCUMULATION : L’effet vient de la surabondance des termes de même nature utilisés.

 

Exemples : « une horrible, une superbe, une absurde, une éblouissante, une poignante réalité » (Claudel, Théâtre)

« Désespéré, anéanti, vidé, essoré : Kevin avait reçu son bulletin » (prof).

 

 

 

 

 

Accumulation - Erro - 1993

 

 

 

 

 

 

ACCROSTICHE : poème dont on peut lire le sujet ou le nom de l’auteur (etc.) dans un mot formé des initiales de chaque vers.

 

 

 

 

 

ADYNATON : hyperbole impossible à force d’exagération.


Exemple : « l’eau qui fait digérer des briques » (publicité).

 

 

 

Adynaton - Salvator Dali - les éléphants 1948    

             

 

 

 

 

ALLEGORIE : personnification d’une idée, d’un sentiment, etc. (syn.parabole)

 

Exemple : « la mémoire…une jeune femme merveilleuse, imprévisible, tendre, énigmatique, provocante à qui je ne demande jamais compte de ses fugues » (André Breton).

 

 

 

 

"Allégorie de la Révolution", par David

 

 

                

 

 

Allégories de la Justice et de la Mort

 

 

 

 

 

 

ALLIANCE DE MOTS (synonyme OXYMORE) : rapprochement de deux termes qui semblent se contredire.


Exemple : « cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille). « Une vierge à l’enfant ». "Soyez raisonnable, demandez l'impossible" (slogan de mai 1968).

 

 

 

 



Alliance de mots : Banksy. Deux soldats (symboles de l'ordre) peignent un symbole de la paix.

 

 

 

 

 

 

 

Oxymore visuel

 

 

 

 

 

ALLITERATION : retour multiplié d'un son identique.

 

 

 

 

 


Albert Dubout


Allitération : répétition d'un motif identique qui donne son sens à l'image.

 

 

 

 

 

 

ALLOGRAPHE : texte transcrit en d’autres mots, qui donnent à la phrase un sens nouveau sans que la phonétique en soit modifiée. (Syn. JEU DE MOT).


Exemples : «  La rue meurt de la mer. Île faite en corps noirs » (Cocteau).

                   « Lézards plastiques, musée au logis» (prof).

 

 

 

 

               Miss Tic utilise abondamment des allographes dans ses pochoirs.  

 

 

 



Salvador Dali "Voltaire" (ou deux femmes).
Les illusions d'optiques sont des allographes visuels.

 

 

 

 

 

ALLUSION : on évoque une chose à l’aide d’une autre.

 

Exemple : «L’air était glacial. Le ciel pleurait, vide d’oiseaux, les fruits avaient gelé avant même de mûrir. L’orage s’annonçait, la foudre menaçait.

Le bulletin du premier trimestre de Kevin était arrivé » (prof).

 

 

 

 

 

 

David Bailly - vanité - 1651
Dans cet autoportrait, Bailly fait allusion au temps qui passe, à sa jeunesse, aux arts, à la mort...

 

 

 

 

 

 

ANACOLUTHE : rupture de construction syntaxique.

 

Exemple : « j'ai envie de dodo !» (populaire)

 

 

 

Anacoluthe : voiture volante Aston Martin

 

 

 

 

Anacoluthe : street-art (Mr Jago)

 

 

 

 

ANTIPHRASE : on emploie un mot dans un sens contraire. L’antiphrase est proche de l’IRONIE.

 

Exemples : « ne vous gênez surtout pas ! » (populaire). « Vos résultats sont particulièrement brillants ce trimestre » adressé à un élève qui a une moyenne pitoyable (prof).

 

 

 


Scott Adam - Dilbert

 

 

 

 

ANTITHESE : présenter, mais en l'écartant ou en la niant, une idée inverse, en vue de mettre en relief l'idée principale.

 

Exemples : « le Canada est le paradis de l'homme d'affaire, c'est l'enfer de l'homme de lettres"  (J.Fournier)

 

 



Utilisation publicitaire de l'antithèse (syn. récupération)

 

 

 

 

 

ANTONOMASE : prendre un nom propre comme nom commun, ou vice-versa.

 

Exemple : « c’est vraiment du Picasso, votre travail ! »

 

 

 

 

 

ARCHAISME : utiliser un mot ancien qui n’a plus cours.

 

Exemple : « veuillez entrer, messires » au lieu de « entrez les enfants » ou bien « posez vos postérieurs » au lieu de « asseyez-vous » (prof).

 

 

 

 

 

 

 

BATHOS : gradation ascendante, brutalement rompue. Le procédé est ironique.


 

Exemple : « Alfred De Musset, esprit charmant, aimable, fin, gracieux, délicat, exquis, petit » (Victor Hugo).

 

 


Bathos humoristique (j'espère).

 

 

 

 

CALLIGRAMME : mot inventé par Apollinaire pour désigner ses poèmes en forme de dessins.

 

 

 

 

CITATION : passage emprunté à un auteur qui peut faire autorité (Littré).

 

Exemple : "Comme disait Edgar Faure, mon cher Kevin, être dans le vent c’est avoir le destin d’une feuille morte ».

 

 

 

 

Citation : dans cet autoportrait complexe, Norman Rockwell fait plusieurs citations en reproduisant des autoportraits célèbres de l'histoire de l'art.

 

 

 

 

CLICHE : Idée ou expression trop souvent utilisée…banalité, lieu commun (Robert).

 

Exemple : «beau temps pour la saison ; mais le fond de l’air est frais » (populaire) ou « les arts plastiques ça sert à rien pour ce que je veux faire, m’sieur » (Prof).

 

 

 

 

COMPARAISON : entre deux éléments, pour faire comprendre le premier en lui prêtant les qualités du deuxième.

 

Exemples :

« Si la parole est d’argent, le silence est d’or » (traduire « se taire vaut mieux que parler ») (proverbe).

« Il a les prétentions d’un cheval de course, mais les résultats d’un âne » (vu sur un bulletin).

 

 

 

 

Comparaison visant à produire un effet comique

 

 

 

 

DISSONANCE : mélange des tons. Dissonance de sons qui ne s’accordent pas.

 

Exemple : « Ils s’en allèrent les premiers, les pompiers, puis s’en furent les sergents de ville » (R.Queneau).

 

 

 

 

                             Dissonnance : Holbein le jeune "les ambassadeurs". Un crâne apparaît, déformé, incongru (c'est une anamorphose).

C'est aussi une vanité, c'est-à dire une allusion à la mort.

 

 

 

 

 

 

 

EFFACEMENT D’OBJET : procédé qui consiste à circonscrire l’objet du discours de façon qu’il n’en reste rien.

 

Exemples : « un couteau sans lame auquel il manque le manche » (Lichtenberg)

                     « J’étais mort avant de naître » (Béguin)

 

 

 

 

 



Effacement d'objet - René Magritte

 

 

 

 

 

HARMONIE : effet produit sur l’oreille par certaines correspondances de sons groupés.


 

Exemple : « je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé, le prince d’Aquitaine à  la tour abolie . Ma seule étoile est morte,  et mon luth constellé porte le soleil noir de la Mélancolie" (Gérard De Nerval).

 

 

 



Harmonie - Cy Twombly - "automn" 1993

 

 

 

 

HYPERBOLE : augmenter ou diminuer excessivement la vérité des choses pour qu’elle produise plus d’impression (Littré).

 

Exemples : « un bruit à réveiller un mort » (expression populaire).

                   « J’ai labouré la mer et semé le vent » (Simon Bolivar sur la route de l'exil)

 

 

 

 

Hyperbole (publicité).
Illustration de l'expression "pleuvoir des hallebardes".

 

 

 

 

 

INVERSION : renversement d'un ordre des constituants de la phrase (mots ou groupe de mots) considéré comme normal ou habituel (Marouzeau).

 

Exemples : « Disparue, la tête" (Camus, les justes)

 

 

 

Banksy : inversion de l'ordre habituel des choses

 

 

 

 

Inversion - Magritte inverse la représentation traditionnelle de la sirène

 

 

 

 

KAKENPHATON : rencontre de sons d’où résulte, par accident, un énoncé déplaisant.

 

Exemple : « je suis romaine hélas, puisque mon époux l’est ». (Marouzeau). Il s’agit donc d’une faute d’écriture qui peut devenir très drôle :

« Le lait dont nous nous nourrissons » (Victor Hugo).

« Je sortirai du camp, mais quelque soit mon sort, j’aurai montré du moins comme un vieillard en sort » (Adolphe Dumas).

« L’amour a vaincu Loth » (Abbé Pellegrin).

 

 

 

LITOTE : se servir d’une expression qui dit moins pour en faire entendre plus (Littré).

 

Exemple : « va, je ne te hais point » (Corneille).

 

 

 

 

METAPHORE : le passage d’un sens à l’autre nécessite une interprétation du lecteur, ce n’est pas forcément facile (ce qui distingue la métaphore de la comparaison).

 

 

De l'image réaliste au pictogramme, puis à la métaphore

 

 

 

 

METONYMIE : désigner quelque chose par le nom d’un autre élément du même ensemble. Proche de la SYNECDOQUE.


Exemples :

 « une voile » pour « un bateau ». « Boire un verre » (le contenant pour le contenu).

« Paris a froid, Paris a faim » (Paris pour ses habitants).

 

 

 

 

 

PARADOXE : affirmation qui heurte les idées reçues, tout en apparaissant à la réflexion comme juste.


Exemple : «Les crimes engendrent d'immenses bienfaits et les plus grandes vertus développent des conséquences funestes » (Paul Valéry).

 


Paradoxe : ils ne peuvent pas avoir raison en même temps.

 

 

 

 

PARALOGISME : faux raisonnement, mais de bonne foi. Synonyme SOPHISME.

 

Exemples : « ce sont les éoliennes qui font le vent » m’a affirmé un jour une petite fille (prof).

« Dans le passé, il y avait beaucoup plus d’avenir que maintenant » (Gluck, « le chat »).
"S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème" (devise Shadock)

 

 

 

 

 

 

PARODIE : imitation consciente et volontaire, soit du fond, soit de la forme, dans une intention moqueuse ou simplement comique (B.Dupriez).
La parodie n’est intéressante que lorsque le modèle référent est connu.

 

 

 

 

Uderzo - parodie "le radeau de la Méduse", de Géricault.

 

 

 

 

 

Parodie - variation sur "le cri" de Munch

 

 

 

 

 

PARONOMASE : rapprochement de mots dont le son est à peu près identique, mais dont le sens est différent (Littré).

 

Exemples : « tu parles, Charles ».
                  « Quand c’est flou, il y a un loup »

                   « Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville ». (Verlaine)

                    « Bureau des pleurs à la fin de l’heure » (prof).

 

 



Paranomase : le crâne a plus ou moins la forme de la coquille, mais le sens est différent.

 

 

 

 

PERIPHRASE : au lieu d’un seul mot on en met plusieurs qui forment le même sens (Littré). Le résultat peut être poétique...ou ridicule.


Exemple : « le référentiel bondissant » pour ballon de football, « le référentiel bondissant aléatoire » pour le ballon de rugby (termes pédagogiques des années 2000).

 

 

 

 

 

 

PERSONNIFICATION : faire d’un être animé ou d’une abstraction un personnage réel (Littré).


Exemple (Victor Hugo, l'expiation) :

 

"La Déroute, géante à la face effarée,
Qui, pâle, épouvantant les plus fiers bataillons,
Changeant subitement les drapeaux en haillons,
A de certains moments, spectre fait de fumées,
Se lève grandissante au milieu des armées,
La Déroute apparut au soldat qui s'émeut,
Et, se tordant les bras, cria: Sauve qui peut!"

 

 

 

       

 

 

 

 

(Publicité) personnification d'un tire-bouchon.

 

 

 

 

 

PHEBUS : présenter de façon peu intelligible, mais brillante, des idées relativement simples.

 

 

 

 

                                              Scott Adam : "Dilbert" 

 

 

 

 

 

 

PICTOGRAMME : mode de transcription où ce que l’on veut exprimer est dessiné sommairement (Robert).

 

 

 

 

 

 

 

PLEONASME : répétition de termes voulant dire à peu près la même chose pour donner plus de force à une phrase.

Exemple : « je l’ai vu de mes yeux ».

 

 

 

 

Pléonasme visuel

 

 

 

 

PORTRAIT : description tant au moral qu’au physique d’un être animé, réel ou fictif (Fontanier).

 

 

Jean-Dominique Ingres "portrait de M.Leblanc".

 

 

 

 

 

PRETERITION : feindre de ne pas vouloir dire ce que néanmoins on dit très clairement, et souvent même avec force (Fontanier).

 

Exemple : « je n’ai pas besoin de vous dire que…etc. », "ce n'est pas pour vous fâcher, mais...etc." (populaire)

 

 

 

 

PROSOPOPEE : mettre en scène les absents, les morts, les êtres surnaturels, ou même les êtres inanimés : les faire agir, parler, répondre (Fontanier).

 

 

 

 

 

Personnification - "encore un qui n'aura pas connu Ben"

 

 

 

REPETITION : employer plusieurs fois les mêmes termes.

 

Répétition : Arman (Nouveau-Réalisme)

 

 

Répétition : (série) Andy Warhol "Marylin"

 

 

 

SOPHISME : raisonnement faux, malgré une apparence de vérité (Robert).


 

Exemple : "plus il y a de gruyère, plus il y a de trous. Plus il y a de trous, moins il y a de gruyère. Donc, plus il y a de gruyère, moins il y a de gruyère."

 

 

 

 

 

SUBSTITUTION : dans une formule attendue, cliché, proverbe, citation (etc.) on remplace certains mots par d’autres, inverses, ou étonnants.


 

Exemples : « mais quels sont ces serpents qui sifflent à nos pieds ».
                   « Cambre toi, fier si courbe ! »

                   « Pasteur, le malfaiteur de l’humanité » (R.Ducharme).

 

 

 

 

 

TAUTOLOGIE : vice logique consistant à présenter comme ayant un sens une proposition dont le prédicat ne dit rien de plus que le thème (Robert).

 

Exemple : « ben, une porte…c’est une porte ». « Les enfants sont les enfants », « un sou c’est un sou ».
Synonyme : LAPALISSADE. (« un quart d’heure avant sa mort, il était encore vivant ».

 

 

 

Magritte

 

S'il y avait écrit "ceci est une pipe", ce serait une tautologie.  C'est donc une anti-tautologie !

 

 

 

 

TRUISME : on explicite des contenus sous-entendus qui étaient déjà parfaitement évidents.

 

Exemple : « s’il n’y avait pas la Pologne, il n’y aurait pas de polonais » (Jarry).

 

 

Copyright : Dominique Leblanc, collège Mangin, 2012. Merci de n'utiliser qu'avec mon autorisation.

 

 

 

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